Des chercheurs canadiens ont conçu un traitement qui allonge la durée pendant laquelle le sujet infecté peut être soigné.
par Laura Shin
Le virus Ébola tue 90% des personnes infectées. En effet, le meilleur traitement disponible doit être administré dans l’heure qui suit l’infection, ce qui est très court, notamment lorsqu’on sait que les symptômes mettent entre deux jours et trois semaines à apparaître.
Toutefois, un nouveau traitement contre le virus Ébola a fait ses preuves sur des singes et pourrait allonger le délai de traitement pour les humains à 24 heures. Même si ce délai reste trop court pour administrer le traitement après l’apparition des symptômes, son allongement pourrait s’avérer crucial pour traiter un virus dont beaucoup craignent qu’il ne soit utilisé comme arme biologique.
Des scientifiques du laboratoire national de microbiologie de Winnipeg, au Canada, ont infecté un groupe de singes avec la souche la plus mortelle du virus Ébola, appelée virus du Zaïre, qui est présente dans des pays africains tels que la République démocratique du Congo et le Gabon. 24 heures plus tard, ils ont traité quatre d’entre eux avec un cocktail de trois anticorps. Les quatre ont survécu. Quatre autres singes ont reçu le traitement 48 heures plus tard, et deux d’entre eux ont survécu.
« Les anticorps ont ralenti la réplication jusqu’à ce que le propre système immunitaire des animaux prenne la relève et élimine complètement le virus », explique le chercheur principal Gary Kobinger, médecin microbiologiste à l’université du Manitoba. Les résultats ont été publiés dans la revue Science Translational Medicine.
Ce nouveau traitement diffère des précédents dans le sens où il cible de multiples parties d’une protéine sur le virus, rendant plus difficile pour Ébola d’infecter les cellules.
La revue Nature signale que Defyrus, société de biotechnologie basée à Toronto, est en train de créer un traitement anti-Ébola appelé Defilovir, qui utilisera à la fois les anticorps et une thérapie génique antivirale. L’entreprise entamera un essai clinique de phase I fin 2014 sur des personnes non infectées pour voir si les anticorps sont sans danger pour l’organisme humain.
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