Adopter des voitures hybrides ou qui consomment un carburant plus propre fait baisser les émissions de carbone. Affirmation fausse, à en croire Firmin DeBrabander, professeur au Maryland Institute College of Art.
Dans un article, Firmin DeBrabander décrit le cas de la Suède, qui a encouragé sa population à se détourner des véhicules à essence au profit de modèles hybrides, au diesel propre et à l’éthanol… pour finalement s’apercevoir que les émissions de gaz à effet de serre générées par le secteur des transports avaient augmenté.
Plus de voitures propres, plus de gaz à effet de serre générées…
Le gouvernement suédois a réussi à accomplir cet exploit grâce à de généreuses primes de reprise. Toutefois, hormis l’impact sur les émissions de carbone dû à l’achat soudain et massif de nouvelles voitures, cette initiative était censée réduire les émissions pour le secteur. Cela n’a pas été le cas.
- Pourquoi ? Tout est dans la tête, écrit Firmin DeBrabander :
« À quoi s’attendre lorsque vous mettez des individus au volant de voitures qui leur donnent bonne conscience ou, tout du moins, qu’ils se sentent moins coupables de conduire, et qui sont en outre bon marché à l’achat et à l’usage ? Naturellement, ils les utilisent davantage. Tellement, en fait, qu’ils anéantissent les gains d’énergie obtenus grâce au rendement énergétique accru. »
Gains d’énergie anéantis par une utilisation accrue
Le professeur prévient que ce phénomène pourrait facilement se reproduire aux États- Unis, à l’heure où General Motors sort son hybride Chevrolet Volt et Nissan sa voiture électrique rechargeable Leaf.
Le problème est dû au fait que nous prenons la voiture même lorsque nous pourrions nous en passer. C’est un peu comme décider quel type de soda est meilleur pour la santé quand, en réalité, vous pourriez peut-être juste commencer par diminuer votre consommation.
S’agissant des Etats-Unis, ce qui fait peur, d’après Firmin DeBrabander, c’est que le pays est déjà prisonnier des voitures, des longs trajets quotidiens et de l’idéal banlieusard avec ses grandes maisons. Pour un Américain assis dans une grosse berline confortable, aucune distance n’est trop grande à parcourir, et c’est là tout le problème.
- Ainsi écrit-il :
« L’idée semble être que grâce à cet échange graduel, nous pouvons réduire notre bilan carbone collectif. Il est clair toutefois que cette approche est vouée à l’échec si nous ne changeons pas nos habitudes de consommation absurdes, qui risquent d’anéantir tout bénéfice environnemental que nous pourrions obtenir. En effet, nous sommes des consommateurs tellement avides et dépendants que nous prenons les gains d’efficience comme un permis de consommer encore plus. »
Nécessité de privilégier un changement radical à long terme
De son côté, la Chine se rapproche rapidement du niveau de la classe moyenne américaine. Et c’est un grand problème, car à cette échelle, même les voitures à très faible consommation conduites par les nouveaux consommateurs chinois impliquent une nette hausse des émissions, « plus que la planète ne peut le supporter », prévient-il.
Il semblerait que la durabilité ne soit pas juste un maillon plus efficace d’un système, mais un système en soi fondamentalement plus efficace, d’où la nécessité de privilégier un changement radical à long terme plutôt qu’une transition onéreuse et difficile qui peut ne pas faire de réelle différence.




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