Première médicale: une autotransfusion de sang créé à partir de cellules souches

Par Thierry Noisette | 5 septembre 2011 | 0 commentaire

La réussite de chercheurs français ouvre la voie à la fabrication future de sang de synthèse, une révolution médicale envisagée d’ici une dizaine d’années.

Une grande première médicale vient d’être annoncée et publiée dans la revue Blood. Pour la première fois chez l’humain, des chercheurs de l’Inserm et de l’hôpital Saint-Antoine de Paris (AP-HP), avec l’Etablissement français du sang (EFS), ont réussi à fabriquer puis à transfuser avec succès des globules rouges obtenus à partir des propres cellules souches hématopoïétiques (CSH, qui fabriquent tous les types de cellules sanguines) du donneur/receveur.

Les chercheurs ont d’abord cultivé puis transfusé des globules rouges à des souris. L’expérience étant concluante, ils ont ensuite répété l’expérience sur un donneur volontaire, chez lequel le taux de survie dans l’organisme des globules rouges cultivés s’est avéré similaire à celui de globules natifs normaux.

Vers « une réserve illimitée de cellules sanguines »

Pour Luc Douay, principal auteur de l’étude, directeur de l’équipe de recherche « Prolifération et différenciation des cellules souches » (Inserm – UPMC) à l’hôpital Saint Antoine,

« Nous avons cruellement besoin de nouvelles sources de produits sanguins pouvant être transfusés, en particulier pour faire face à la pénurie de donneurs de sang et pour réduire le risque d’infection lié aux nouveaux virus émergeants, associé à la transfusion classique.

Bien que la production à grande échelle de ces cellules nécessite des progrès technologiques supplémentaires dans le domaine de l’ingénierie cellulaire, nous sommes convaincus que les GRc pourraient constituer une réserve illimitée de cellules sanguines et une alternative aux produits de transfusion classiques. »

D’ici quelques années, a indiqué Luc Douay à Reuters, l’équipe scientifique espère parvenir à des conditions de production industrielle, pour passer aux premières transfusions d’ici une dizaine d’années.

Les premiers bénéficiaires seront les groupes sanguins rares et les « polytransfusées », environ 15.000 personnes en France, dont le corps s’est immunisé à la suite de plusieurs transfusions.

En attendant ce qui pourrait être une révolution médicale, donner son sang reste indispensable, le sang artificiel et l’autotransfusion n’étant pas pour demain.

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