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Réduire fortement le nombre de pôles de compétitivité pour les rendre plus innovants

Par Thierry Noisette | 5 décembre 2012 | 1 commentaire

Faire passer le total des pôles en France de 71 actuellement à 10-15, améliorer les innovations non technologiques (marketing, design…) et impliquer davantage les grandes entreprises, c’est ce que propose l’Institut de l’entreprise.

Créés en 2004 pour regrouper entreprises, organismes publics de recherche et universités, les pôles de compétitivité font l’objet d’une évaluation critique de l’Institut de l’entreprise, un think-tank de dirigeants d’entreprises.

Les pôles ont reçu 4,5 milliards d’euros de financements publics de 2005 à 2011. Or, a évalué l’Institut, « les pôles représentent aujourd’hui à peine 1,5% des brevets, 4,5% des dépenses de R&D, 5% des créations d’entreprises innovantes. Seul un projet sur quatre accompagné par les pôles génère effectivement une innovation. »

Aussi l’Institut propose-t-il des réformes drastiques du système, à commencer par la forte réduction du nombre de pôles, 71 en France contre sept en Grande-Bretagne et 15 en Allemagne. Il a publié hier un « policy paper » (sic – PDF de 50 pages), intitulé « Pôles de compétitivité: transformer l’essai. Trois propositions pour faire émerger des Silicon Valley françaises ». Voici ses trois grandes propositions.

Réduire le nombre de pôles

C’est la proposition numéro un et la plus marquante de ce rapport:

« La France compte aujourd’hui 71 pôles de compétitivité (contre 15 clusters d’excellence en Allemagne et 6 seulement en Finlande). 62 d’entre eux se partagent 50% du financement global disponible. De plus, ces pôles concernent peu les secteurs à plus fort potentiel et ne couvrent, selon notre évaluation, que 13 des 85 technologies d’avenir [identifiées début 2011 comme technologies clés à l'horizon 2015].

Il est nécessaire de mettre fin à cette logique du ‘saupoudrage’ en ramenant ce nombre  à une dizaine, voire une quinzaine de pôles capables d’atteindre une taille critique et de se concentrer sur les secteurs à plus fort potentiel. »

Le rapport souligne que cette dispersion des moyens est aggravée par des doublons, avec « la présence, dans toutes les régions, de clusters ou grappes d’entreprises qui se superposent au dispositif national des pôles de compétitivité, ainsi que par l’existence de plusieurs pôles ciblant les mêmes thématiques, sans stratégie ou gouvernance commune (deux pôles ‘mer’, deux pôles textiles, dix pôles agroalimentaires, trois pôles automobiles, etc.). Une telle dispersion, liée à une logique politique de rééquilibrage entre territoires ou secteurs industriels, se fait au détriment d’une logique d’excellence et de masse critique. »

« Renforcer la capacité des pôles à accompagner l’innovation et la mise sur le marché des projets »

L’Institut estime que les pôles de compétitivité « sont encore majoritairement pilotés par l’État et très concentrés sur l’innovation ‘amont’ », alors que « la France accuse un plus grand retard en innovation ‘aval’ ».

« Selon l’OCDE, si la dépense de R&D française est en ligne avec la moyenne des pays développés, seules 23 % des entreprises françaises ont recours à l’innovation non technologique (contre 47 % en Allemagne). Les pôles doivent donc renforcer leur capacité à proposer des services en matière de commercialisation, de design, de mise en place de nouveaux business models – des leviers sur lesquels les entreprises françaises sont souvent moins performantes que leurs concurrentes étrangères. »

Impliquer davantage les grandes entreprises

« Les pôles de compétitivité, à l’origine conçus dans une perspective de R&D plutôt que de mise sur le marché, impliquent peu les grands groupes. Alors qu’elles représentent 62% de l’effort de R&D français, les grandes entreprises n’ont bénéficié que de 10% environ de la politique des pôles de compétitivité. Pour ne pas priver les pôles de compétitivité de vecteurs de développement majeurs, il est impératif d’intégrer davantage les grands groupes à ces dispositifs grâce à une offre de services adaptée à leurs besoins et à leur forte orientation internationale. »

Un audit réalisé en juin pour le gouvernement avait déjà porté un regard mitigésur l’organisation actuelle des pôles, critiquant un suivi aléatoire et des résultats faibles en dépôts de brevets et en création de start-ups.

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  • 1

    Stere

    12 décembre 2012

    repliement, recroquevillement, limitations : tout semble bien pensé pour limiter les possibilités de la recherche
    promouvoir les branches principales ? pourquoi pas… mais rejeter les autres voies est un non-sens : d’une part il est très probable que tous les pays accentueront sur les branches « principales », rendant la concurrence de plus en plus rude, d’autre part perdre les branches « secondaires » c’est justement perdre le futur, ou le reste du monde aura été concentré sur quelques sujets, et découvrira les autres avec beaucoup de retard…

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