Smart grid: susciter l’adhésion des consommateurs ne sera pas une sinécure

Par Stéphane Parpinelli, Cleantech Republic | 25 mars 2011 | 3 commentaires

Les projets de réseaux intelligents d’énergie n’auront de sens que si les consommateurs y adhèrent. Mais une étude d’Accenture montre qu’ils redoutent une hausse de leur facture d’électricité.

Les projets d’expérimentation de réseaux intelligents d’énergie débutent en France. L’objectif est de valider des technologies pré-industrielles, mais aussi et surtout d’analyser le comportement et les attentes des usagers. Enrôler ces consommateurs ne sera pas une mince affaire, eux qui craignent avant tout une hausse de leur facture d’électricité. C’est l’un des enseignements d’une étude d’Accenture intitulée « Understanding Consumer Preferences in Energy Efficiency« , conduite auprès de plus de 9.000 consommateurs dans 17 pays.

Avant d’adhérer à un programme de gestion de l’efficacité énergétique, les consommateurs feront preuve d’une grande vigilance. Interrogés sur ce qui pourrait les décourager de participer à un dispositif de gestion de l’énergie, ils sont 46% à citer l’augmentation de leur facture d’électricité. Le smart grid, oui, mais seulement s’il s’accompagne d’une baisse de la note d’électricité.

Autre élément de prudence: les sondés sont 32% à s’inquiéter d’un accès accru à leurs données personnelles de consommation d’énergie. 30% craignent que les mesures mises en place par leur opérateur d’électricité se traduisent par un changement dans leur mode de vie, et même par une baisse de confort au sein de leur sphère privée.

Le travail d’évangélisation ne fait que commencer

Ce manque de confiance des consommateurs est encore plus flagrant quand on leur demande vers quelle structure ils se tourneraient pour être conseillés sur l’optimisation de leur consommation d’énergie. Ils ne sont que 29% à citer leur fournisseur d’électricité! Ils préféreront – de loin – s’en remettre à des associations de protection de l’environnement.

Face à tant de réticence, Jean-Marc Ollagnier, directeur général du secteur Energie et Ressources Naturelles d’Accenture en Europe, estime que « l’heure n’est plus au modèle de service client universel: les fournisseurs d’énergie devront offrir des services et des programmes véritablement distinctifs. » Selon lui, la réponse aux nouvelles attentes des usagers passera par le déploiement de solutions innovantes axées sur les dernières technologies de comptage intelligent et domotique.

Pour finir, un point qui rassurera sûrement les opérateurs: 75% des usagers affirment comprendre les actions à entreprendre pour optimiser leur consommation d’énergie, mais, paradoxalement, ils ne sont que 28% à connaître et comprendre les programmes de gestion de l’efficacité énergétique de leurs fournisseurs. Le travail d’évangélisation est bien loin d’être achevé…

Infographies (extraites de l’étude « Understanding Consumer Preferences in Energy Efficiency » d’Accenture)

Le frein majeur à l’adoption de programme de gestion d’énergie: la crainte d’une hausse de sa facture d’électricité


Une baisse de sa facture d’électricité, premier facteur d’adhésion à un dispositif de gestion intelligente de l’énergie



Méthodologie de l’étude

L’étude d’Accenture sur les préférences des consommateurs en matière d’efficacité énergétique s’appuie sur une enquête en ligne menée début 2010, auprès de 9.108 consommateurs dans 17 pays. Le panel était composé de 1.505 répondants en Amérique du Nord, 3.054 en Europe occidentale, et au moins 500 personnes dans chacun des pays suivants: Afrique du Sud, Australie, Brésil, Chine, Corée du Sud, Japon et à Singapour. L’échantillon est représentatif de l’ensemble de la population en termes d’âge, de sexe et de revenus, à l’exception des pays émergents où, du fait de la faible pénétration d’Internet dans les foyers, l’échantillon est représentatif de la population urbaine. La collecte des données a été réalisée par Harris Interactive.

Mots-clefs :,

 
Reply to Story

SmartPlanet TalkbackPartagez vos idées et votre expertise sur ce sujet

S'inscrire à cette discussion via RSS

  • 1

    alcazar10

    29 mars 2011

    « les fournisseurs d’énergie devront offrir des services et des programmes véritablement distinctifs »
    le meilleurs moyen d’éviter un conflit d’intérêts entre la gestion de la consommation, l’optimisation de la facture et la préservation de l’environnement n’est certainement pas d’accentuer la concurrence… n’en déplaise au dogme libéral, la fourniture d’énergie n’a pas vocation à être soumise à la concurrence, qui ne profite ni au client, ni à l’environnement

  • 2

    leon91

    5 mai 2011

    au contraire la concurrence permet le meilleur service… dans les années 80 un ordinateur correct se vendait à hauteur de 70 000 francs (10 050 euros) disque dur 40 MO écran 640 x 480. les ordinateurs étaient conçus par ibm qui faisait des procès au concurrents dans le monde. l’OMC n’existait pas. les japonais tenaient le marché des mémoires et en dix ans les capacités en mémoire ont évolué de 640 KO à 16 MO de mémoire pour faire tourner Windows 95.

    Lorsque la concurrence est arrivée j’ai commencé à m’acheter un ordinateur à 30 000 francs. à l’heure actuelle les prix via la concurrence font des ordinateurs à 300 euros. en 15 ans les ordis sont passé de 16 MO de mémoire environ jusque 2 GO, pour un prix de l’ordi de 4500 euros jusque 300 euros. 200 fois plus de mémoire pour un prix 15 fois moins cher…

    et ca c’est la concurrence qui a permis cela. sans la concurrence internet ca serait france télécom qui pouvoierait et ensuite ca serait un cout de 0.15 euros la minute et 1 euros de connexion.

    en france la concurrence est mal vue par les gens parce qu’ils se disent que ca va les stresser au travail. mais là aussi c’est pas vrai. dans les années 70 on avait une grosse concurrence du travail et des ouvriers qui allaient se proposer à une entreprise en une heure à cause du comportement violent d’un chef. ou changeaient de filiales. maintenant en termes d’emplois on est sous le régime des ‘plans nationaux » qui ont aucune efficacité.

    en france on ne sait plus le fonctionnement des économies, modernes ou pas. alors on a peur de la concurrence vue comme des difficultés à travailler en plus, dont on aurait surtout pas besoin.

    j’ai un oncle qui etait patron. une fois un ouvrier a décidé de partir ailleurs. delai de préavis sur demission de 3 jours pour les gens au smic.

    une autre entreprise qui avait besoin de bricoles da

  • 3

    leon91

    5 mai 2011

    une entreprise qui avait besoin de bricoles à faire de temps en temps genre réparation de parquets, a embauché le démissionnaire 500 francs de plus que pour l’autre patron.

    la concurrence c’est très bien… j’ai un ami dans le bâtiment qui a menacé de partir, bilan 200 euros de plus comme salaire… l

Les balises suivantes sont supportées :
<b> <i> <u> <pre>
publicite
publicite