Technologies et citoyens: des smart cities oui, mais pour des « smart people »

Par Thierry Noisette | 14 juin 2012 | 0 commentaire

Revue de web:  derrière les concepts des smart meters, smart grids et surtout smart cities, estime le délégué général d’Energy Cities, l’enjeu de la participation des citoyens doit rester au premier plan.

« Smart cities », comme smart grid, est devenu un mot à la mode, un buzzword comme on dit en bon franglais, mais à quoi correspond-il? Gérard Magnin, délégué général de l’association de collectivités locales européennes Energy Cities, y consacre un grand article de réflexion.

S’il juge ces technologies souvent bienvenues au niveau local, il relève cependant des points discutables et la méfiance souvent suscitée chez des citoyens dont on prétendrait faire le bien sans leur avis, citant en (contre-)exemple Linky:

Par exemple lorsqu’ils constatent que les ‘’Smart Meters’’ servent surtout les distributeurs pour gérer le réseau ou pour acquérir des informations à des fins commerciales sur les comportements des consommateurs, sans qu’eux-mêmes bénéficient de l’information, dans leur logement, sur leurs consommations. Il semble se reproduire ce que l’on observe dans tous les systèmes numériques ‘’fermés’: sous prétexte de lui offrir de nouveaux services, le consommateur peut être mis dans une situation de dépendance, enfermé dans un système sans retour, être privé d’une partie de son pouvoir d’agir. Donner davantage de pouvoir au consommateur et au citoyen devrait être l’essence de toute nouvelle technologie, surtout dans un monde qui se prend à douter de tout.

Gérard Magnin note que toutes les grandes entreprises spécialisées dans les TIC promeuvent le concept de smart cities en parlant de gouvernance.

Plusieurs études de marché conduites pour le compte d’entreprises montrent une volonté non seulement de proposer la mesure ou la gestion d’un sous-ensemble de la ville (par exemple les transports, ou les flux d’énergie) mais de plusieurs d’entre eux (y compris la vidéosurveillance) et de les interconnecter dans le but affiché d’optimiser le ‘’système urbain’’ dans son ensemble. En fait proposer un système global de gestion de la ville afin d’en faire réellement une « Smart City’’. Rien de plus simple en effet, la technique est capable de le faire. L’idée peut séduire le technologue, mais elle inquiète le démocrate. Elle fait naturellement penser à ‘’Big Brother’’ de George Orwell, ce dont tous les promoteurs de technologies se défendent naturellement.

Pour l’auteur,

Une ville intelligente, une ‘’Smart City’’, est celle qui saura intégrer une ‘’smart économie’’, une ‘’smart mobilité’’, une ‘’smart démocratie’’, une ‘’smart qualité de vie’’, une ‘’smart gouvernance’’, et surtout des ‘’smart people’’. On voit bien que cette notion – si on la pousse au bout de sa logique – va bien au-delà des seules questions technologiques. C’est pourquoi Energy Cities préfère le concept de ‘’Ville à basse consommation d’énergie et à haute qualité de vie pour tous’’. Avec les technologies qui y aideront.

Source: Qu’y a-t-il derrière les « smart cities »? – Energy Cities (lien direct PDF)

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