Revenues sur la Terre après 91 jours dans l’espace, trois souris ont connu des modifications de leur métabolisme et de leur corps riches en enseignements pour les humains.
par Janet Fang
Dans le cadre de l’expérience Mice Drawer System, trois souris ont passé un temps record de 91 jours à bord de la Station spatiale internationale… et y ont survécu.
Ce qu’elles ont vécu peut nous aider à comprendre les effets d’un séjour prolongé dans l’espace sur l’organisme humain, d’après une collection d’études PLoS, nous explique New Scientist.
À propos du vieillissement
La thyroïde produit des hormones qui contrôlent le métabolisme. Le vieillissement ralentit la fonction thyroïdienne, entraînant trouble cognitif et prise de poids. Les souris sur Terre ont des follicules thyroïdiens plus petits au centre et plus grands sur les côtés. Les souris envoyées dans l’espace, quant à elles, présentaient des follicules tous de la même taille. Elles avaient également plus de récepteurs de la thyréostimuline, suggérant qu’elles ont maintenu un niveau plus élevé d’activité thyroïdienne à l’âge adulte.
Ainsi, les vols spatiaux semblent ralentir le vieillissement de la thyroïde; si l’on parvenait à comprendre le processus, cela pourrait aider à préserver la fonction thyroïdienne sur Terre.
À propos du sang
Les astronautes souffrant d’un mal appelé anémie spatiale ont une baisse de 10% de leur nombre de globules rouges et de leur volume de plasma. Les cellules exposées aux rayonnements produisent des éléments chimiques qui endommagent les graisses, les protéines et l’ADN. L’un des dérivés de ces éléments chimiques est appelé « substances thiobarbituriques acido-réactives » (STBAR).
Le niveau de STBAR présent dans les globules rouges des souris envoyées dans l’espace était considérablement plus élevé que celui des souris restées à terre.
Les antioxydants peuvent contribuer à limiter les dégâts en donnant un électron au produit chimique réactif, suggérant qu’un régime riche en antioxydants peut aider à contrer certains des effets négatifs des rayonnements dans l’espace.
À propos des spermatozoïdes
Les organes reproducteurs sont particulièrement vulnérables aux rayonnements dans l’espace, notamment en cas d’éruption solaire. De plus, en l’absence de gravité terrestre, les testicules sont beaucoup plus près du corps, où il fait beaucoup plus chaud, ce qui interfère avec la production de spermatozoïdes.
Le nombre de spermatozoïdes présents dans les testicules des souris envoyées dans l’espace a chuté de près de 90%, même si les souris ont conservé une capacité limitée à produire des spermatozoïdes matures.
Les chercheurs suggèrent de donner aux astronautes mâles la possibilité de conserver des échantillons de sperme sain avant d’aller dans l’espace.
À propos des muscles
Flottant en apesanteur, les astronautes n’étirent pas leurs jambes, ce qui entraîne une perte musculaire. Les muscles à contraction lente, qui aident à maintenir la posture, sont particulièrement vulnérables.
Les souris envoyées dans l’espace ont perdu une quantité similaire de fibres musculaires à contraction lente que les souris envoyées sur des missions plus courtes.
Il semble qu’il y ait des changements initiaux dus au stress et à la microgravité, puis que la situation se stabilise.
Les muscles à contraction rapide, pour les brèves poussées de puissance, étaient relativement intacts. Une fois que les chercheurs auront compris pourquoi, ils espèrent pouvoir offrir une protection similaire aux muscles à contraction lente.
À propos des os
En apesanteur, les os qui supportent le poids du corps se détériorent peu à peu sans être reconstitués, comme ils le seraient sur Terre.
Pour éviter ce problème, les chercheurs ont modifié les gènes de quelques-unes des souris envoyées dans l’espace, leur donnant une protéine supplémentaire pour le développement osseux. Les souris modifiées n’ont perdu que 3% de masse osseuse dans leur épine dorsale, contre 41,5% chez les autres souris.
Une protéine similaire pourrait aider à protéger les astronautes (pour en savoir plus sur les souris envoyées dans l’espace et la santé des os, lisez mon article paru au début de l’année).
Toutes ces études peuvent être retrouvées dans PLoS ONE.
[Via New Scientist]
Photo: Vivatier via Flickr, sous licence Creative Commons CC by-sa
À lire aussi
Le robot Curiosity a réussi son arrivée sur Mars – 6 août 2012
Un nouveau traitement du sang pour les athlètes olympiques et autres sportifs – 30 juillet 2012
Des chats munis de caméras pour mesurer leurs chasses – 4 juin 2012
Concours spatial: les jeunes gagnants mettront à l’épreuve bactéries et araignées – 2 avril 2012
Encore un satellite qui va tomber sur Terre – 29 septembre 2011




Mots-clefs :










Suivez SmartPlanet.fr
Inscrivez-vous
Inscrivez-vous