Un nouveau traitement du sang pour les athlètes olympiques et autres sportifs

Par la rédaction | 30 juillet 2012 | 0 commentaire

Prélever, traiter puis réinjecter le sang d’un sportif, telle est la méthode récente, et pas approuvée pour l’heure par la FDA, utilisée par un médecin allemand pour traiter les douleurs des athlètes.

par Laura Shin

Comment traitez-vous une douleur chronique? Les réponses courantes peuvent être les analgésiques, l’acupuncture et le repos.

Mais pour des athlètes professionnels tels que Kobe Bryant, le golfeur Vijay Singh, le joueur des Yankees Alex Rodriguez et la volleyeuse olympique Lindsey Berg, le traitement peut être beaucoup plus novateur et onéreux.

Tous sont en effet adeptes d’une nouvelle procédure appelée Regenokine, développée par le Dr Peter Wehling à Düsseldorf, en Allemagne. Ce dernier a fait beaucoup parler de lui, non seulement pour sa clientèle de premier plan, mais aussi parce que sa technique n’a pas été approuvée par l’agence américaine des médicaments et des produits alimentaires (FDA).

Comment fonctionne le traitement

Dans un traitement Regenokine, le sang d’un patient est prélevé, incubé à une température légèrement supérieure (afin de « donner de la fièvre au sang », d’après Wired) et placé dans une centrifugeuse. Les cellules sanguines produisent alors des protéines qui diminuent l’inflammation et stimulent la croissance cellulaire.

Parfois, le Dr Wehling ajoute d’autres protéines anti-inflammatoires. Il réinjecte ensuite la solution finale dans la zone concernée. Le traitement dure cinq jours et coûte 6.000 euros.

Sa procédure fait partie d’une nouvelle catégorie de traitements appelés « médecine biologique », qui extraient les tissus d’un patient, les manipulent, puis les réintroduisent dans l’organisme.

Ce domaine qui connaît une croissance rapide inclut un autre composant issu de la centrifugation du sang, le plasma riche en plaquettes, ou PRP: le sang est soumis à la force centrifuge pour produire de nombreuses cellules plaquettaires, qui facilitent la guérison.

Ces procédures se caractérisent par leur intention non seulement de traiter les problèmes mécaniques dans les articulations, mais aussi de s’attaquer directement à l’inflammation en tant que problème, et pas seulement en tant que symptôme.

Et la science?

Comme cette procédure est très récente (elle n’existe que depuis quelques années), il existe très peu de preuves de son efficacité. D’après Grantland, le traitement Regenokine a montré le plus de promesses dans une étude de 2008 auprès de 376 patients ayant reçu des injections de sérum physiologique, d’acide hyaluronique ou de sang manipulé. Seulement 32% des patients ont été soulagés dans les deux premiers groupes, tandis que deux tiers des patients du groupe Regenokine se sont sentis mieux.

Un médecin américain qui emploie la technique affirme que, lorsqu’elle est combinée à un changement de mode de vie, comme un régime plus sain et de meilleures habitudes de sommeil, la thérapie montre un taux de réussite proche des 90%.

Toutefois, comme le souligne le Dr Freddie Fu, professeur en chirurgie orthopédique à l’université de Pittsburgh, l’astuce de la thérapie est de faire croire aux patients qu’elle est sans danger parce qu’elle utilise leurs propres fluides corporels. Avant de reconnaître:

« Des recherches avancées ont déjà été menées, et il existe une bonne base scientifique pour approfondir ces recherches. Toutefois, avant que la FDA délivre son approbation, d’autres essais indépendants de grande qualité doivent être réalisés pour prouver l’efficacité. »

Via: The New York Times, Wired, Grantland

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